{"id":63,"date":"2026-06-14T13:54:40","date_gmt":"2026-06-14T11:54:40","guid":{"rendered":"https:\/\/psychiatryfoundation.com\/fr\/2026\/06\/14\/une-mutation-genetique-explique-la-maladie-de-huntington\/"},"modified":"2026-06-14T13:54:57","modified_gmt":"2026-06-14T11:54:57","slug":"une-mutation-genetique-explique-la-maladie-de-huntington","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/psychiatryfoundation.com\/fr\/2026\/06\/14\/une-mutation-genetique-explique-la-maladie-de-huntington\/","title":{"rendered":"Une mutation g\u00e9n\u00e9tique explique la maladie de Huntington"},"content":{"rendered":"<h1>Une mutation g\u00e9n\u00e9tique explique la maladie de Huntington<\/h1>\n<p>La maladie de Huntington est une affection neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative h\u00e9r\u00e9ditaire provoqu\u00e9e par une anomalie dans le g\u00e8ne Huntingtine. Cette maladie se manifeste par des mouvements involontaires, un d\u00e9clin cognitif ainsi que des troubles psychiatriques et comportementaux. Au niveau cellulaire, elle se caract\u00e9rise par l\u2019accumulation de la prot\u00e9ine Huntingtine mut\u00e9e sous forme d\u2019agglom\u00e9rats dans le noyau des cellules et par une perte progressive de neurones, principalement dans le striatum et le cortex c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<p>Le g\u00e8ne Huntingtine contient une s\u00e9quence r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de trois nucl\u00e9otides, CAG, qui code pour une s\u00e9rie de glutamines. Chez une personne en bonne sant\u00e9, cette s\u00e9quence est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e entre 9 et 35 fois. Cependant, lorsque cette r\u00e9p\u00e9tition d\u00e9passe 36 fois, elle entra\u00eene la production d\u2019une prot\u00e9ine anormale, responsable de la maladie. Plus le nombre de r\u00e9p\u00e9titions CAG est \u00e9lev\u00e9, plus les sympt\u00f4mes apparaissent t\u00f4t. Une r\u00e9p\u00e9tition entre 36 et 39 fois peut entra\u00eener une forme \u00e0 d\u00e9but tardif, tandis qu\u2019au-del\u00e0 de 40 r\u00e9p\u00e9titions, la maladie se d\u00e9clare g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Dans les cas o\u00f9 la r\u00e9p\u00e9tition d\u00e9passe 60 fois, la maladie peut survenir d\u00e8s l\u2019enfance.<\/p>\n<p>La maladie de Huntington touche environ 4,88 personnes sur 100 000 dans le monde, avec une pr\u00e9valence plus \u00e9lev\u00e9e en Europe et en Am\u00e9rique du Nord qu\u2019en Asie. Les sympt\u00f4mes moteurs, tels que les mouvements chor\u00e9iques, apparaissent souvent en premier, suivis par des troubles cognitifs et psychiatriques. Les patients peuvent \u00e9galement souffrir de d\u00e9pression, d\u2019anxi\u00e9t\u00e9, d\u2019apathie ou de troubles du comportement comme l\u2019agressivit\u00e9. Avec la progression de la maladie, les difficult\u00e9s motrices s\u2019aggravent, affectant la marche, la parole et la d\u00e9glutition, ce qui peut conduire \u00e0 des complications graves comme la dysarthrie et la dysphagie.<\/p>\n<p>Au niveau cellulaire, la prot\u00e9ine Huntingtine mut\u00e9e s\u2019agglom\u00e8re et perturbe de nombreuses fonctions essentielles. Elle interf\u00e8re avec la transcription des g\u00e8nes, le transport des v\u00e9sicules, la fonction mitochondriale et la d\u00e9gradation des prot\u00e9ines. Ces perturbations entra\u00eenent un stress oxydatif accru, une production excessive de radicaux libres et une mort cellulaire progressive. Les neurones les plus touch\u00e9s sont ceux du striatum, une r\u00e9gion c\u00e9r\u00e9brale cruciale pour le contr\u00f4le des mouvements.<\/p>\n<p>Les m\u00e9canismes de la maladie incluent \u00e9galement une toxicit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019ARN. Les r\u00e9p\u00e9titions CAG dans l\u2019ARN messager forment des structures en \u00e9pingle \u00e0 cheveux qui pi\u00e8gent des prot\u00e9ines de liaison \u00e0 l\u2019ARN, perturbant ainsi la synth\u00e8se des prot\u00e9ines et le transport de l\u2019ARN entre le noyau et le cytoplasme. Cela affecte particuli\u00e8rement les neurones, o\u00f9 l\u2019ARN joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la r\u00e9gulation de l\u2019expression des g\u00e8nes et la communication cellulaire.<\/p>\n<p>Les approches th\u00e9rapeutiques actuelles visent \u00e0 att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes ou \u00e0 cibler les m\u00e9canismes sous-jacents de la maladie. Parmi les traitements symptomatiques, la t\u00e9trab\u00e9nazine et la deut\u00e9trab\u00e9nazine sont utilis\u00e9es pour r\u00e9duire les mouvements chor\u00e9iques. Des antid\u00e9presseurs et des antipsychotiques peuvent \u00e9galement \u00eatre prescrits pour g\u00e9rer les troubles psychiatriques. Cependant, ces traitements ne gu\u00e9rissent pas la maladie et peuvent entra\u00eener des effets secondaires importants.<\/p>\n<p>Les avanc\u00e9es r\u00e9centes incluent des th\u00e9rapies g\u00e9niques et des approches bas\u00e9es sur les acides nucl\u00e9iques. Par exemple, les oligonucl\u00e9otides antisens peuvent r\u00e9duire la production de la prot\u00e9ine Huntingtine mut\u00e9e en ciblant son ARN messager. Des essais cliniques sont en cours pour \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 de ces traitements. D\u2019autres strat\u00e9gies, comme l\u2019\u00e9dition g\u00e9n\u00e9tique avec CRISPR-Cas9, permettent de corriger directement le g\u00e8ne d\u00e9fectueux. Les th\u00e9rapies par cellules souches offrent \u00e9galement un espoir en rempla\u00e7ant les neurones endommag\u00e9s par des cellules saines.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces progr\u00e8s, la maladie de Huntington reste incurable. Les chercheurs continuent d\u2019explorer de nouvelles pistes pour ralentir ou arr\u00eater la progression de la maladie, en ciblant \u00e0 la fois les m\u00e9canismes neuronaux et les dysfonctionnements p\u00e9riph\u00e9riques, comme les troubles cardiaques et m\u00e9taboliques souvent associ\u00e9s. Les d\u00e9fis incluent l\u2019am\u00e9lioration de la livraison des th\u00e9rapies aux tissus affect\u00e9s, la garantie de leur s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 long terme et le d\u00e9veloppement de traitements capables de cibler sp\u00e9cifiquement les cellules ou les voies impliqu\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>Sources du m\u00e9dia<\/h2>\n<h3>Document de r\u00e9f\u00e9rence<\/h3>\n<p><strong>DOI\u00a0:<\/strong> <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1186\/s13064-026-00282-5\" target=\"_blank\">https:\/\/doi.org\/10.1186\/s13064-026-00282-5<\/a><\/p>\n<p><strong>Titre\u00a0:<\/strong> Molecular mechanisms, clinical phenotypes, and advances in Huntington\u2019s disease therapeutics<\/p>\n<p><strong>Revue : <\/strong> Discover Neuroscience<\/p>\n<p><strong>\u00c9diteur : <\/strong> Springer Science and Business Media LLC<\/p>\n<p><strong>Auteurs : <\/strong> Athira M. Sarath; Deepti Thapliyal; Shreya Borthakur; Dipti Chakraborty; Naorem Tarundas Singh; Ritu Sarkar; Mayanglambam Dhruba Singh<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une mutation g\u00e9n\u00e9tique explique la maladie de Huntington La maladie de Huntington est une affection neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative h\u00e9r\u00e9ditaire provoqu\u00e9e par une anomalie dans le g\u00e8ne Huntingtine. Cette maladie se manifeste par des mouvements involontaires, un d\u00e9clin cognitif ainsi que des troubles psychiatriques et comportementaux. 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